LES LAEKNIR

- Catégories : HISTOIRE VIKING

LES LAEKNIR

Les LAEKNIR étaient les médecins de l’ère Viking.

Les vikings ayant laissé très peu d’informations sur leur mode de vie, on se laisse à penser que les femmes ont probablement été les premiers médecins.
Le manque d’information est dû au fait que les femmes sont en général en arrière-plan dans la plupart des sagas et que les hommes pratiquant la médecine ne reçoivent pas beaucoup de crédit pour cela.

La christianisation du nord de l'Europe a commencé à faire apparaître des hommes dont la principale responsabilité était d’ordre médicale, la majorité jouissait de titres officiels, même si les femmes continuaient d’assumer ce rôle, dans l’ombre, au sein du foyer.
L’étude des fouilles des vestiges de l'âge viking suggère qu’une bonne santé et une longue vie était possible pour une bonne partie de la population.
Par exemple, une étude récente du 11ème et 12ème siècle portant sur les restes squelettiques de Skeljastaðir en Islande a montré que la population était généralement en bonne santé.
Mais cela ne veut pas dire que la vie était exempte de maladies.

Dans le négoce des villes, où la densité de population rend les services d'assainissement difficilement adéquats, de nombreuses personnes ont probablement été victimes de problèmes de santé courants.
Les sédiments au large des côtes de la ville commerçante de Birka contiennent des œufs de parasites humains, qui auraient pu causer des nausées, diarrhées et autres maladies parmi les habitants de la ville.
La bonne santé était considérée comme une extension de la chance.

Ainsi, la médecine préventive était constituée principalement de chants et de charmes qui permettaient de maintenir sa bonne fortune.
Des inscriptions runiques ont été utilisées comme magie pour maintenir la santé.
En plus des arts magiques, la médecine a également été pratiquée durant l’ère scandinave.
Les différents soignants ont eu recours à des remèdes classiques à base de plantes connues, des herbes locales spécifiques à la région, certaines dont l'efficacité était reconnue et d'autres censées être efficaces grâce à leurs propriétés magiques.
Une herbe largement utilisée en Scandinavie à la fois en cuisine et également prisée pour ses qualités médicinales était le hvönn (Angelica officinalis).
Les traitements médicaux les plus lourds se composaient de saignées, nettoyage des plaies, d’onctions, de bandages, la fixation des os fracturés, préparation de remèdes à base d'herbes et actes de sages-femmes.

Au 13e siècle le livre de droit islandais, Grågås, stipule que l'on doit panser une personne qui saigne, où cautériser quelqu'un pour le bien de sa santé.
Ce qui suggère que ces techniques étaient connues et pratiquées.
Les études des restes osseux de l'ère viking montrent des signes de fractures qui ont guéri au niveau des côtes et des os des bras et des jambes.
Les histoires fournissent aussi la preuve de fractures de membres, qui ont été manipulés pour permettre à l'os de se souder de manière plus satisfaisante (comme cité dans la saga Gunnlaugs ormstungu ou dans l’Íslendinga saga).

Au début de l'ère des Vikings, la plupart de la population dût compter sur eux-mêmes ou sur des gens ayant des capacités.
Les médecins spécialisés et éduqués étaient rares.
Une personne endurcie recherchait un guérisseur (læknir) pour assistance médicale.

Plus tard dans l'ère des Vikings, il semble que certains hommes ont choisi la pratique de la médecine comme moyen de subsistance.
Des preuves archéologiques de sites funéraires montrent que des actes chirurgicaux ont été pratiqués, certains avec succès, résultant ainsi en la survie du patient.
En outre, certaines littératures tardives (par exemple, Biskupa sogur) suggèrent que la chirurgie devenait relativement courante.

Dans les zones plus densément peuplées, telles que le commerce des villes, des épidémies ont été des événements occasionnels.
La variole, la dysenterie et la lèpre sont évoquées dans la littérature scandinave.
Les Scandinaves ont dû y faire face avec résignation, avant de pouvoir les contrôler.
Une fosse commune creusée au camp d'hiver Viking de la Grande Armée en Repton (Angleterre) laisse à penser que les gens enterrés là, succombèrent suite à une épidémie de quelque sorte.
Parmi les plusieurs centaines de personnes enterrées là, la plupart étaient des hommes adultes avec aucune indication qu’ils soient morts de blessures suite à une bataille.

Les restes osseux montrent qu'au moins quelques personnes atteignaient un bel âge, mais ils montrent également que les maladies articulaires dégénératives étaient communes au vieillissement a cette époque déjà.
Les histoires racontent les autres conditions liées à la vieillesse, comme la cécité et la surdité.
La saga d’Egills (chapitre 85) dit que, lorsque Egill était un vieil homme, “il grandit fragile, avec les jambes raides, et que sa vision et son audition déclinaient.
Son habileté à composer la poésie aura été irréprochable, il a composé des poésies pour se moquer de l’infirmité et de la vieillesse et il aurait vécu plus de 80 ans.

- Auteur de l'article : Florian ARTÉGOR, Membre du Clan BARBEBARIAN -

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